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BAES : tout comprendre sur l’éclairage de sécurité dans vos locaux

BAES : tout comprendre sur l'éclairage de sécurité dans vos locaux

Une coupure de courant en pleine journée. Les bureaux plongent dans le noir, et soudain, des petits blocs lumineux s’allument au-dessus des portes. Ce sont vos BAES. Sans eux, personne ne retrouverait la sortie en cas de fumée ou de panne électrique. Et pourtant, ils sont souvent les grands oubliés des contrôles de sécurité.

Qu’est-ce qu’un BAES, concrètement ?

BAES signifie Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité. C’est un appareil qui prend le relais quand l’alimentation électrique normale est coupée. Il possède sa propre batterie, qui se recharge en permanence tant que le courant fonctionne.

Son rôle est simple : permettre aux occupants de quitter le bâtiment en toute sécurité, et éviter la panique. On distingue deux fonctions principales :

  • L’éclairage d’évacuation : il balise les cheminements, les sorties et les changements de direction. C’est lui qui porte les pictogrammes de sortie (l’homme qui court vers une porte).
  • L’éclairage d’ambiance ou anti-panique : il assure un niveau de lumière minimal dans les grands volumes pour éviter les mouvements de foule désordonnés.

Un BAES n’éclaire pas comme un plafonnier. Son but n’est pas de travailler dans le noir, mais de voir où l’on met les pieds et où se trouve la sortie. La distinction est importante quand on dimensionne une installation.

Que dit la réglementation ?

L’obligation d’installer un éclairage de sécurité vient de plusieurs textes. Pour les ERP, c’est l’arrêté du 25 juin 1980 qui fixe les règles. Pour les lieux de travail, le Code du travail prend le relais avec les articles R4227-14 et suivants.

En pratique, tout établissement recevant du public doit être équipé. Idem pour les locaux où travaillent des salariés dès lors que l’évacuation naturelle n’est pas garantie en cas de coupure. Concrètement, un local sans fenêtre ou un couloir aveugle impose forcément un BAES.

Les niveaux d’éclairement à respecter

La norme exige un flux lumineux minimal. Pour l’éclairage d’évacuation, on demande au moins 45 lumens pendant 1 heure pour chaque bloc. L’éclairage d’ambiance doit assurer un minimum de 5 lumens par mètre carré, dans les locaux pouvant accueillir plus de 100 personnes (50 en sous-sol).

Ces chiffres ne sont pas négociables lors d’une visite de la commission de sécurité. Un BAES défaillant ou mal positionné peut entraîner un avis défavorable. Et un avis défavorable, c’est parfois une fermeture administrative.

Où placer ses BAES dans le bâtiment ?

L’implantation suit une logique de cheminement. On imagine une personne qui cherche la sortie dans le noir, et on balise son trajet pas à pas.

Les points obligatoires :

  • Au-dessus de chaque issue de secours et porte de sortie.
  • À chaque changement de direction dans les circulations.
  • À chaque obstacle (marche, escalier, rétrécissement de couloir).
  • À proximité des extincteurs et des commandes de désenfumage, pour les localiser dans la pénombre.

La distance entre deux blocs ne doit jamais dépasser 15 mètres dans les dégagements. Au-delà, il existe une zone d’ombre où l’on perd le balisage. Dans un grand entrepôt ou un parking, c’est ce point qui pose souvent problème.

Et les escaliers méritent une attention particulière. Chaque volée doit être éclairée. C’est là que se produisent le plus de chutes lors d’une évacuation dans la fumée.

Le lien entre BAES et plan d’évacuation

Un BAES indique une direction. Le plan d’évacuation, lui, donne la vue d’ensemble. Les deux fonctionnent ensemble, et leur cohérence est essentielle.

Imaginez un plan d’évacuation qui dirige vers une sortie, mais un balisage BAES qui pointe vers une autre. C’est exactement le genre d’incohérence qui sème le doute au mauvais moment. Lors de la conception, on vérifie toujours que les flèches du balisage lumineux correspondent aux cheminements tracés sur le plan.

Les pictogrammes des BAES suivent la norme ISO 7010, comme ceux des plans. La silhouette verte qui court vers la sortie est universelle. Cette uniformité aide le cerveau à réagir vite, même sous stress. Un occupant qui voit le même symbole sur le plan, sur le panneau et sur le bloc lumineux n’a pas à réfléchir : il avance.

C’est pourquoi il faut penser signalétique de façon globale. Plans, panneaux et éclairage de sécurité forment un système. L’un sans les autres perd de son efficacité.

Entretien et vérifications obligatoires

Un BAES n’est pas un équipement qu’on installe et qu’on oublie. Sa batterie s’use. En moyenne, elle tient quatre à cinq ans avant de perdre en autonomie. Un bloc qui ne tient plus l’heure réglementaire est un bloc à remplacer.

La réglementation impose des contrôles réguliers :

  1. Test mensuel : on vérifie le passage en mode secours et l’allumage de chaque bloc. La plupart des installations modernes disposent d’un système de mise au repos centralisé.
  2. Test semestriel : on contrôle l’autonomie complète, soit une heure de fonctionnement sur batterie.
  3. Vérification annuelle : réalisée par l’exploitant ou un organisme agréé, consignée dans le registre de sécurité.

Chaque opération doit être notée dans le registre de sécurité. C’est un document que la commission consulte systématiquement. Un registre vide ou mal tenu en dit long sur le sérieux de la maintenance.

Petit conseil terrain : profitez des tests pour vérifier aussi la propreté des blocs. La poussière et les toiles d’araignée réduisent le flux lumineux. Un coup de chiffon régulier suffit souvent à maintenir la performance.

Les erreurs fréquentes à éviter

Sur le terrain, certaines négligences reviennent souvent. Les repérer permet d’éviter bien des ennuis lors d’un contrôle.

La première : un BAES débranché ou hors service depuis des mois, sans que personne ne s’en aperçoive. Le voyant de charge est éteint, mais comme le bloc ne sert qu’en cas de coupure, l’absence passe inaperçue. D’où l’intérêt des tests mensuels.

La deuxième : un bloc masqué par du mobilier, une cloison ou un stock. Un BAES caché ne sert à rien. On le replace ou on en ajoute un.

La troisième : oublier de mettre à jour le balisage après des travaux. Vous déplacez une cloison, vous créez un nouveau couloir, et le cheminement change. Les BAES doivent suivre. Trop d’établissements gardent une implantation devenue obsolète après réaménagement.

Enfin, mélanger les types de blocs. Un BAES d’évacuation ne remplace pas un BAES d’ambiance, et inversement. Chacun a sa fonction et son emplacement. Bien dimensionner son installation dès le départ évite ces confusions.

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